Le 4 juin dernier, 3IE se rendait à Deauville pour assister à la conférence QueDuWeb 2015. Toutes les informations relatives à cette conférence sont disponibles sur le site officiel.

Nous reviendrons ici sur les 3 axes les plus intéressants de cette conférence.

La première conférence de la journée, donnée par Daniel Jarjoura, directeur de StartUp42, avait pour sujet “Growth Hacking : Buzz ou vraie méthodologie ?”. Il convient alors dans un premier temps de définir ce qu’est le Growth Hacking et, par extension, un growth hacker. Le Growth Hacking est donc une méthodologie développée sur trois axes qui sont les suivants :

  • Développer une technique d’ingénierie concentrée sur l’acquisition d’utilisateur
  • Trouver une solution qui ne doit pas coûter cher à mettre en place
  • Etre capable de mesurer les effets de cette solution

Deux exemples ont été utilisés lors de cette présentation à savoir Airbnb et Hotmail. Ce dernier a, à l’époque, ajouté une signature à la fin de chaque mail envoyé afin de présenter aux destinataires le fait qu’ils puissent se créer un compte gratuitement sur Hotmail, grâce à un lien qui se trouvait dans cette signature. Ceci est une solution très rapide à développer et les effets pour Hotmail ont été ressentis très rapidement.

Dans le cas d’Airbnb, la solution a été quelque peu plus compliquée. En effet, Airbnb a parsé les annonces présentes sur Craig’s List (un site d’annonces d’appartements américain) et a proposé aux utilisateurs qui avaient mis une annonce de déposer leur annonce sur Airbnb afin de gagner quelques dollars de plus. Le mail envoyé aux annonceurs prenait d’ailleurs l’apparence et en quelque sorte l’identité de la Craig’s List afin de faire croire aux utilisateurs qu’il s’agissait d’un mail officiel.

Le Growth Hacking est donc une méthodologie visant à acquérir de plus en plus d’utilisateurs sur sa plateforme. Le growth hacker est donc logiquement la personne qui applique les techniques de Growth Hacking. Il faut cependant bien comprendre que le Growth Hacking n’est pas une méthode qu’il suffit de répéter sur tous ses sites afin d’acquérir des utilisateurs. Il faut s’adapter au besoin de la plateforme et viser les potentiels utilisateurs là où nous sommes les plus susceptibles de les trouver.

On peut donc se dire que le growth hacking n’est au final que du web marketing. Cette remarque est en fait à la fois vraie et fausse. Effectivement, il s’agit à la base de web marketing. Cependant, les métiers liés au web marketing sont aujourd’hui trop sclérosés par un aspect “application de méthodes pré-conçues” (référencement, réseaux sociaux etc.) qui ont au final de moins en moins d’effet pour rester en l’état. Il a donc fallu que ces personnes chargées de web marketing et qui cherchent des solutions nouvelles afin d’acquérir des utilisateurs se démarquent dans leur dénomination. C’est pour cela qu’est née la notion de Growth Hacking.

On peut cependant se poser une question grâce à l’exemple d’Airbnb : L’acquisition d’utilisateurs doit-elle se faire à n’importe quel prix ?

En effet, on voit bien avec cet exemple que le growth hacking mis en place par Airbnb est à la limite de la légalité (voire totalement illégal). La réponse de certains spécialistes de ce domaine est alors la suivante : Aujourd’hui, des sites comme Google, Facebook, et autres, font déjà leurs propres publicités et il devient très difficile de se rendre visible face à des campagnes marketing aussi agressives. Face à tant d’agressivité, la seule réponse possible est alors d’être encore plus agressif, quitte à enfreindre la loi. Les growth hacker profitent donc en général de zones grises au niveau de la législation afin de rester au maximum dans la légalité tout en étant le plus agressif possible sur les stratégies qu’ils mettent en place, quitte à dépasser la limite de temps à autres. En effet, comme le résume Daniel Jarjoura, “il vaut mieux avoir à s’excuser, qu’à demander la permission”.

Il faudra cependant relativiser ce propos car après tout, si autant d’agressivité marketing devient trop courant dans les temps à venir, que devrons nous inventer ensuite pour réussir à acquérir des utilisateurs ?

Un autre point intéressant de cette conférence fut la présentation de Qwant, un nouveau moteur de recherche se lançant sur un marché largement dominé par Google, du moins en Europe, où la suprématie de Google et ses 93% de parts de marché ne sont plus à démontrer.

Que peut donc apporter un nouveau moteur de recherche sur le marché ?

Le message de Qwant est de ne jamais utiliser, stocker ou revendre de données sur les utilisateurs qui utilisent son produit. A l’heure où Google annonce Android M qui sera capable, rappelons-le, de faire une recherche à partir d’un contenu se trouvant à l’écran quelque soit l’application lancée (ce qui implique une analyse de tous les contenus présents à l’écran), les questions de respect de la vie privée se posent de plus à plus. Qwant est donc un moteur de recherche respectueux de la vie privée de ses utilisateurs. Ou du moins, c’est ce qui est annoncé (n’ayant aucun élément pour confirmer cela).

Un autre aspect intéressant de ce moteur est son partenariat passé récemment avec l’éducation nationale. En effet, d’ici la rentrée, les écoles utiliseront Qwant junior. En effet, il s’agit d’une version dédiée aux enfants du moteur de recherche. Celui-ci se base notamment sur un fonctionnement à contrepied de ses concurrents en proposant notamment une white-list permettant de mettre en avant sur le moteur de recherche du contenu jugé éducatif ou intéressant pour les enfants.

Enfin, le dernier point à noter autour de cette journée est la position des professionnels du référencement face à Google. En effet, Google est aujourd’hui très opaque quant à ses techniques de référencement. De plus, quand Google décide de communiquer certaines informations, il s’agit parfois d’informations qui n’ont dans la pratique aucun impact sur le référencement. Dès lors, le métier des professionnels du référencement est compliqué. Le but de Google dans tout cela est de faire en sorte que si un site est “bien” construit (selon les règles de Google), alors de manière naturelle, ce site se retrouvera dans les premiers résultats. Or le but d’un professionnel du référencement est de faire en sorte que le site en question arrive le plus possible en première position pour être très visible. Ainsi, si cette personne ne peut pas connaître les règles de Google, elle ne peut pas en faire son métier.

Il est pourtant crucial aujourd’hui d’avoir un référencement plus que correct quand on sait que les trois premiers résultats de Google captent plus de 90% des clics et que ces trois premiers résultats contiennent très souvent des adwords mis en place par Google.

En conclusion, beaucoup de sujets et de débats d’actualité dans le monde du référencement et plus généralement du web d’aujourd’hui ont été abordés durant cette journée de conférence QueDuWeb 2015. Et beaucoup restent en suspens aujourd’hui et devront être résolus dans les années à venir. La question du respect de la vie privée est une question que se pose de plus en plus de personnes depuis l’affaire Snowden et les dernières actions et annonces de Google forcent les particuliers à s’en poser de plus en plus.

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